Un ange, le mien ...

Un ange, le mien ...
J'ai rencontré le grand amour, quand j'étais p'tit à l'école dans la cours. J'devais avoir troid ans et d'mi, exactement comme Émilie. J'étais là assis sur mon ennui, au bord du bac à sable, d'vant mon château, tout seul. J'étais tel'ment timide que j'avais pas d'amis, je jouais qu'avec moi et avec ma sale gueule. Quand soudain Émilie a lâché sa poupée pour venir visiter ma nouvelle forteresse. Je savais plus quoi dire devant sa beauté, qui n'avait pour égal que sa gentillesse. Émilie qui était sage et jolie, et qui l'ai surement encore aujourd'hui.. J'aurais voulu lui dire quelque chose, même futile, mais j'avalais ma langue dès qu'elle battait des cils. J'essayais d'éviter d'la r'garder dans les yeux, à chaque fois j'me ratais et j'tombais amoureux. Des pommettes roses, un sourire de lait qui réchauffait mon coeur bien plus que le soleil. Elle était bien trop belle et bien trop colorée, pour moi c't'ait pas une fille, c'était un arc-en-ciel. Émilie qu'était sage et jolie, et qui l'ai surement encore aujourd'hui.. Tout l'monde disait "Qu'est-ce qu'elle est jolie !", j'vous cach'rais pas que j'trouvais aussi, d'ailleurs j'l'aimais à la folie. Elle m'aimait peut-être aussi. Tout l'monde disait "Qu'est-ce qu'elle est jolie !", j'vous cach'rais que j'trouvais aussi. Elle m'aimait peut-être aussi, si c'était l'cas, et ben tant pis.. Émilie qu'était sage et jolie, et qui l'ai surement encore aujourd'hui..

# Posté le lundi 09 mars 2009 12:58

Modifié le lundi 09 mars 2009 16:33

Eugénisme

Eugénisme
Je m'appelle Perficio. Mon frère a plus de chance que moi. Le hasard a décidé de lui. La science a eu raison de moi. Pour lui, tout fut innatendu. Pour moi, tout fut contrôlé. Trier et selectionner les gamètes pour conçevoir un enfant ayant le moins de défauts et le plus d'avantages possibles, voilà ce qu'ils ont décidé pour leur petit dernier. Mes parents ne se sont pas préoccupés de mon devenir, ni de celui de l'espèce humaine, mais seulement de l'avenir de leur propre famille. Mon frère est myope. Je vois plus loin que personne. Mon frère a des problèmes cardiaque. Je cours du matin au soir. Mon frère se fatigue. Je ne m'épuise jamais. Je suis parfait, lui pas. Mais pourtant, j'ai perdu. J'ai tout perdu bien avant le premier jour de ma vie. On m'a dépossédé de mon être, de mon âme. Je suis loin d'être moi. Je ne suis personne, seulement ce que l'on a décidé que je serais. Etre quelqu'un c'est se battre contre la vie, subir, avoir mal, tomber, pleurer, se relever. Je ne connais rien de tout ça. Je suis debout, depuis toujours et jusqu'à ma fin. Je n'ai jamais connu les notions de personnalité et d'autonomie. Vous avez contrôlé mes gênes, vous avez contrôlé ma vie. Je m'appelle Perficio. Je ne suis personne.

# Posté le mercredi 25 février 2009 11:49

Action de la lumière sur une surface sensible obtenue par Francesca Woodman.

Action de la lumière sur une surface sensible obtenue par Francesca Woodman.
Ma structure organique contractile qui assure les mouvements, ne les assure plus. Elle s'est endormie. Mes globes oculaire et ses annexes - à savoir choroïde, ciliaire, cornée, iris, rétine, sclérotique et cristallin - ne sont plus, eux-non plus. Ma masse nerveuse contenue dans le cerveau, encéphale dit-on, ne fonctionne plus. Elle s'est évadée.. Ailleurs. Mes constituants auditifs s'imprègnent encore de quelque plaisir créé par cet art de combiner les sons d'après des règles, d'organiser une durée avec des éléments sonores, mais plus pour longtemps.. Ils s'éloignent, eux-aussi. Loin en moi. Je m'engage dans cette suite de phénomènes psychiques qui se produisent pendant le sommeil, cette activité automatique exluant la volonté.. Je suis loin. Soudain mon être est agité par une suite de petites contractions involotaires des muscles, pour une cause physique ou psychique.. C'est dehors.. Les déplacements naturels de l'atmosphère sont forts.. Alizé, aquilon, khamsin, mistral, noroît, simoun, sirocco, suroît, tramontane, zéphir, appelez-ça comme vous voulez. Tout se réveille. Mes membres inférieurs qui s'étendent de l'articulation du fémur et du tibia à la partie articulée pouvant reposer à plat sur le sol et permettant la station verticale et la marche se contractent. Mes métacarpes aggripent la poignée. Dehors, les grands végétaux ligneux dont les tiges ne portent de branches qu'à partir d'une certaine hauteur au-dessus du sol sont fous, ils tournent, valsent, vont et viennent, certains ne reviennent pas.. Les poils qui recouvrent mon crâne vont et viennent. Certains sont déja si loin.. Les fluides gazeux constituant l'athmosphère que respirent les êtres vivants s'engouffrent dans la pièce.. A dix-sept an neuf mois et six jours, j'achetai ma première paire de bottes, mais ça, c'est une autre histoire..

# Posté le mardi 10 février 2009 15:31

Modifié le mardi 10 février 2009 16:19

Roxanne, you don't have to put on the red light ...

Roxanne, you don't have to put on the red light ...




On passera notre vie à favoriser la mondialisation à bouffer dégeu' à Mc Do. Parce que Barack Obama à la tête de l'état américain, we can. C'est la faute aux réductions. Plus les réductions surprises parce que ça fait trois mois que le stock de steak est à l'arrière du magasin! Bah, au pire on chope Jacob, pigeon ou kéké, de toute manière y'en n'a pas ... Et puis vous allez faire comment sans livre? Moi ça m'arrangerais que Marrakech soit à la place de Rabat, ce serait moins cher pour les vacances! On s'en fout, on achète des paninis nutellanoixdecocobanane. Et puis on sèche, mais c'est à cause des réductions. Des pigeons partout hin, mais pas d'Jacob. Jacob? C'est toi?! Mais..mais.. Ca sert les fesses et ça stress.. Nous on parle de bouffe tout le temps, mais c'est parce qu'on a des réductions avantageuses. Et puis on est protégé par Sikeufo, qui se bat contre le Mal.. Le MalBurger.. Alors n'ayez pas peur. Mais ne pesez pas 110 kilos, ou passez en mode SpiderCrash avec vos toiles d'araignées..






# Posté le vendredi 30 janvier 2009 16:21

Modifié le vendredi 30 janvier 2009 16:46

Le trois septembre mille neuf cent soixante treize, à dix-huit heures vingt-huit minutes et trente deux secondes, une mouche bleue de la famille des callyphoridée capable de produire quatorze mille six-cent-soixante-dix battements d'ailes à la minute se posait rue Saint Vincent, à Montmartre. A la même seconde, à la terrasse d'un restaurant, à deux pas du Moulin de la Galette le vent s'engouffrait comme par magie sous une nappe faisant danser les verres sans que personne ne s'en aperçoive. Au même instant, au cinquième étage du ving huit de l'avenue Trudaine dans le neuvième arrondissement, Eugène Colère de retour de l'enterrement de son meilleur ami Émile Maginaud en effaçait le nom de son carnet d'adresses. Toujours à la même seconde, un spermatozoïde pourvu d'un chromosome X appartenant à monsieur Raphaël Poulain se détachait du peloton pour atteindre un ovule appartenant à madade Poulain, née Amandine Fouet. Neuf mois plus tard naissait Amélie Poulain.

# Posté le dimanche 25 janvier 2009 13:34